Comment gagner plus en évaluant mieux le risque

« Les hommes qui prennent de grands risques doivent s’attendre à en supporter souvent les lourdes conséquences. » Nelson Mandela

J’ai passé ma vie professionnelle à gérer des risques. Avec les années et en investissant de plus en plus pour mon compte personnel, ma vision du risque a bien changé. Je suis passé d’un point de vue très académique, où l’on essaie de calibrer le monde avec des nombres issus de modèles (CAPM, Black & Scholes), à une vision plus pragmatique (cf Warren Buffet : l’effet boule de neige par exemple) où le vrai risque est le prix payé et sa conséquence, c’est à dire la perte financière qui en découle si vous avez fait une erreur. Pour simplifier, plus vous payez cher un actif (dans le sens payer trop par rapport à sa vraie valeur intrinsèque) plus vous vous mettez en risque et plus la conséquence d’une mauvaise prise de décision sera douloureuse.

Qu’est-ce que le risque, comment bien appréhender la notion de risque. Bien souvent notre perception du risque est erronée.

Le but de cet article est d’essayer de vous faire comprendre le risque d’un investissement en faisant une comparaison avec le sport, du moins le sport avec risque. En entreprenariat ou en investissement, le risque est souvent associé à un rendement, une performance financière. Dans ces deux cas, en contrepartie du risque encouru, vous espérez le paiement d’un dividende/intérêt/loyer, et dans le meilleur des cas, une augmentation de la valeur des sommes et/ou du temps investis. Pour le sport, on s’attendra à quelque chose de moins concret et monétaire, sauf peut être pour des professionnels. On aura tendance à rechercher le plaisir intense d’avoir atteint un objectif, réalisé une performance, un kif, et ce à tout niveau.

Risque = Probabilité d’échec x Conséquences

Mais revenons à notre notion de risque. Avant de parler du risque en investissement, j’aimerais donc, comme je l’ai dit plus haut, faire un parallèle avec le risque en sport et plus particulièrement en ski hors-piste que je pratique de temps à autre (avec guide bien sûr). Souvent, avant de prendre votre télésiège on vous annonce un certain risque d’avalanche (de 1 à 5). En fait ce simple chiffre n’est pas suffisant pour anticiper le vrai risque. Malheureusement anticiper les probabilités de où et quand les avalanches vont se produire n’est pas chose aisée, c’est même plutôt incertain. Les professionnels ont beaucoup de mal à estimer celle-ci, alors pour nous, imaginez la difficulté ! C’est pourquoi nous devons toujours rajouter une marge sécurité. Et, par chance, il existe beaucoup de moyens ; comme avoir un système de sécurité style sac à dos airbag, un arva, être entrainé et formé à ce genre de discipline etc. À cette probabilité qui est en fait assez difficile à conceptualiser et cette marge de sécurité, nous devons aussi prendre en compte un autre facteur dans notre prise de décision face au risque. C’est la conséquence de cette prise de risque. Toujours avoir en tête cette question : Si je suis pris dans une avalanche sur cette pente que je suis sur le point de descendre, quelle va être l’issue la plus probable ? Par exemple : si vous descendez une pente à 45 degrés avec une falaise en contrebas, il faut être certain que la probabilité de glissement de la pente soit extrêmement faible car la conséquence d’être pris dans l’avalanche sera dramatique, voire mortel (il suffit de suivre un peu l’actualité de cet hiver). Cela vous parait évident de ne pas s’engager dans une telle situation/sur un terrain dangereux, n’est ce pas ? Alors dites vous que vous devez vous poser les mêmes questions pour une prise de décision aussi importante que vos investissements personnels. Ce raisonnement doit être le même lorsque vous prenez des décisions d’investissement.

Notion de volatilité

Depuis des dizaines d’années, on a inculqué aux étudiants en finance ainsi qu’aux « professionnels », la notion de volatilité comme mesure du risque d’un actif financier, tout cela venant de modélisation des marchés via des lois de probabilité (comme la loi normale et autres courbes en cloche).  En quoi un chiffre sorti d’un modèle mathématique (la volatilité) me donnera les conséquences réelles de ma prise de risque ? Afin d’illustrer que cette volatilité ne mesure pas le vrai risque, je vais reprendre un exemple de Nicolas Nassim Taleb (vu dans le hasard sauvage ou le cygne noir (Black Swan)) : Arabie Saoudite versus Italie : En terme de volatilité, l’Arabie Saoudite n’en a pas, le régime est stable. l’Italie, au contraire, a un régime assez instable car les courants politiques n’arrêtent pas de changer, c’est la valse incessante des gouvernements, on peut dire que sa volatilité est élevée. Mais lequel des deux est vraiment le plus risqué ? Un jour ou l’autre, l’Arabie Saoudite va imploser, alors que l’Italie continuera comme à son habitude. Par cet exemple, vous pouvez voir que quelque chose de volatile peut être beaucoup moins risqué qu’un autre perçu comme sans volatilité. Faites donc toujours très attention aux équilibres instables.

Mrs LittleRocks: on peut refaire le même parallèle en ski hors-piste; on passe cinq fois sur la même pente et rien ne se passe. La sixième va déclencher une avalanche. On n’a rien pressenti, aucun signe apparent de changement. Cet équilibre était en fait instable.

 

« In order to win, you must survive » Warren Buffet

Ce que je veux éviter absolument en tant qu’investisseur c’est une prise de risque qui me ruinera si ma décision s’avère erronée. 

On veut éviter les conséquences dramatiques, c’est à dire toujours éviter un investissement qui a une probabilité de ruine même minime. Désormais quand vous prenez un risque, pensez plus à la conséquence de l’évènement rare. Cette évènement rare ou peu probable ou « dit » peu probable ne doit jamais vous amener à des conséquences tragiques.

+Petit bonus : Faites toujours attention aux « spécialistes » qui vendent leurs « conseils » à vous faire prendre des risques alors qu’ils n’ont pas de « Skin in the Game ».  Si ces personnes ne sont pas investies avec vous, passez votre chemin. Les conseilleurs ne sont jamais les payeurs.

Hasta la Proxima ! Mr LittleRocks

Vous aimerez sans doute

2 comments

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.