Et si le vrai luxe … c’était la tranquillité ?

Fermez les yeux et écoutez le monde autour de vous, aucun silence à l’horizon ? C’est normal notre environnement est tout SAUF calme. On est sur-sollicités autour de nous, en permanence, à tel point que ça finit par nous pousser au pétage de câbles à saturation : nuisances visuelles, sonores ( si je résiste plutôt bien à la première, je suis en revanche trop sensible à la seconde ), et aussi olfactive ( vous savez, ces magasins qui suintent du parfum quand vous passez devant). Mais enfin bon, aujourd’hui dans notre quotidien, COMMENT peut on franchement préserver notre tranquillité, un luxe moderne selon moi… pour vous aussi j’imagine ?

L’universitaire américain et philosophe mécanicien – (auteur de l’Eloge du carburateur qui traîte du sens et la valeur du travail manuel de nos jours), Matthew B.Crawford nous prévient :

« Notre espace public est colonisé par des technologies qui visent à capter notre attention », il est en effet facile de comprendre que lutter contre le neuro-marketing est compliqué et fatiguant, d’autant plus que « L’autodiscipline, comme l’attention, est une ressource dont nous ne disposons qu’en quantité finie. C’est pourquoi nombre d’entre nous se sentent épuisés mentalement. »

Comme certains d’entre vous j’imagine,  je n’ai pas attendu pour tomber sur ses lignes pour sentir l’urgence de m’écouter et de me protéger de ces invasions quotidiennes. Ce que nous négligeons souvent, en restant connecté à notre vie sociale jusqu’à chez nous par le biais de nos écrans. Mais comment ?

 » Le bruit construit un paravent permettant le retrait hors du monde » David Le Breton, anthropologue. 

Mais oui c’est cela, être capable de se rendre HORS de notre monde. Et pourquoi ?


Voilà disons, 5 raisons valables qui m’ont fait prendre conscience du bénéfice que je tirerai à me tirer régulièrement LA où mon voisin de palier s’appelle personne:

L’appel de la cabane au bord du lac

Rien de miraculeux à dire que le plus bénéfique est sans doute de se réfugier dans un environnement naturel,- difficilement reproductible dans notre sphère intime -quelqu’il soit, et surtout complètement déconnecté de notre vie de citadins.

Je ne sais pas si vous connaissez le projet du bio-acousticien Gordon Hempton « One Square Inch of Silence » mais il m’a de suite fait écho (ahahah). Il s’agit de nous montrer que la préservation d’un espace naturel, même minime, a des répercussions bien plus étendues autour de lui. Ayant visité le Olympic Parc il y a deux ans lors d’un voyage dans le nord ouest des Etats-Unis, je peux vous témoigner de l’incroyable tranquillité de la Hoh Rainforest (photo ci-dessous). Une forêt pluviale intacte magnifique, remplie d’arbres bien plus hauts et vieux que moi, et toute tapissée de mousse, filtrant les sons, apaisant les esprits. Digne d’un univers de conte aussi incroyable que… silencieux ! Même si en réalité, ce silence est plutôt relatif, car il abrite un fond sonore minimum naturel.

“Silence is not absence of something but presence of everything », Gordon Hempton.

Je comprend pourquoi j’avais tant apprécié cet endroit si particulier. Malheureusement ces zones vierges se raréfient car elles se font grignoter par notre société. C’est bien dommage car c’est ce que nous pouvons connaître de plus ressourçant, connecté à nos racines physiques et psychiques, la Nature (bon la parenthèse écologique terminée !). Mais c’est vrai qu’il faut souvent partir très loin des villes pour y accéder, ce qui n’est pas forcément à la portée de tous, ou tout le temps. Même si parfois, on est chanceux en découvrant un petit bois isolé à deux pas de chez soi.(je pense à ce célèbre livre Walden ou la vie dans les bois de Henry David Thoreau)

Depuis quelques hivers j’ai la chance de partir dans les Alpes. Nous allons skier dans une petite station familiale, Sainte Foy. Pourquoi ce choix, alors qu’il y a des stations grandioses un peu partout autour ? C’est très simple; pas ou peu de monde sur les pistes, un cadre plus sauvage (des endroits comme la folie douce, ça n’a juste pas sa place dans la montagne à mon avis). La station a d’ailleurs adopté cette devise « ski nature ». Voilà pour résumer, c’est sa tranquillité qui nous a plu, une qualité rare pour un lieu de vacances de nos jours. Maintenant, en attendant que notre fils grandisse un peu, on préfère profiter de lieux calmes un peu plus à proximité, ou en France, c’est très bien aussi ! C’est pour cela que la montagne l’été nous attire beaucoup également. Une destination réputée.. tranquille. On a hâte de pouvoir emmener notre petit garçon avec nous pour profiter de tout ça, mais on attendra encore un peu qu’il devienne un meilleur marcheur !

Je suis convaincue qu’un environnement naturel nous aide à faire une vraie rupture avec notre quotidien sur-occupé de façon bénéfique, et SURTOUT si aucune connexion internet n’est disponible ! Mais j’avoue que, même en prônant cela, il m’est difficile de me déconnecter totalement. Comme toute drogue ( douce, mais enfin une drogue quand même), c’est franchement nécessaire de se forcer à le faire en laissant son écran chez soi comme ça pas moyen de craquer. L’objet de la tentation est absent, on va pouvoir vivre dans l’instant les vraies belles choses qui nous entourent.

Sans compter qu’on change totalement de rythme. Les contraintes horaires et les repères sont levés, on a de comptes à rendre à personne. Se lever tard, se lever tôt… Pour notre part, ça fait un bien fou de se caler sur la course du soleil surtout dans les pays où il se couche tôt, ou en hiver. On re-programme notre horloge biologique, on oublie l’heure et hop, l’énergie repart.

Personne en vue, ou presque

Au Ladakh, nous avions en fin de randonnée croisé la route d’un pèlerin. On l’a salué tout de suite et on a commencé à discuter. C’était un français, qui traversait toute une région de haute montagne, seul avec son bâton de marche et sa bonne humeur. J’ai été admirative de son parcours, et je me suis dit qu’un jour je ferai la même chose. Je suis persuadée que la déconnexion d’avec notre environnement habituel nous aide à mieux revenir vers les autres.

Bon même en pleine nature, rares sont les endroits où on ne voit personne. On finit toujours par croiser quelqu’un. Bizarrement, ou peut être pas si bizarrement que ça, on va facilement parler à cette personne car on sent un engouement commun; recherche de la tranquillité, amour des grands espaces, des animaux… Pas étonnant, la nature et le silence sont propices à une écoute nouvelle. Il nous aide à mieux revenir dans la société, de « reseter » avec les autres, de mieux apprécier son entourage finalement.

Olympic parc, Lake Crescent. Paie ta cabane.

Ne pas vouloir imiter ses amis/collègues de travail

Découvrir la richesse d’un endroit préservé et inconnu vaut bien autant qu’un site dit incontournable. Nous avons bien été à Tokyo sans visiter le marché aux poissons, et Kyoto sans voir le Pavillon d’Or, et pourtant pas de sensation de manque, mais d’autres belles découvertes et c’est ça qui compte. Et se ficher d’avoir « fait » ou pas fait, de ses exploits de voyages qu’il est habituel de raconter aux autres, et forcément de comparer. Se retirer dans ce que j’aime appeler une « cachette », c’est ne pas avoir d’exigences particulières sur ce qu’on va y trouver. A part la tranquillité bien sûr. Et c’est tout ce qui compte, n’est ce pas ?

Le « devoir-faire »

Etre délesté de toute obligations sociales ou presque pendant un temps, cela va de pair avec le point ci-dessus. Enfin un vrai repos ! Adopter un rôle passif temporairement fait parfois un bien fou ( c’est une maman super active qui vous parle ); observer davantage, méditer, écrire, courir dehors, procrastiner autant qu’on le souhaite… profitez comme vous le souhaitez de cet environnement propice. Ca aide à prendre du recul sur soi, à réfléchir. En allant carrément plus loin, ne plus avoir à parler en continu comme on le fait tous au quotidien est devenu quelque chose d’impossible aujourd’hui dans nos vies. Pouvoir se taire complètement est rare, et se donner l’opportunité de le faire est une expérience spéciale mais bénéfique. Pour cela, partir pour une retraite dans un monastère bouddhiste est une expérience qui m’attire depuis un certain temps (je suis très bavarde, je sais que je vais avoir un peu de mal), mais très bénéfique ( je l’ai déjà fait sur une journée et ça m’a fait beaucoup de bien! ).

Etre décalé et éviter les périodes de rush

Logique, puisqu’où on va il n’y a pas besoin d’éviter les périodes de rush, vu qu’il n’y a pas grand monde. Avec un petit enfant on se permet encore d’empiéter sur les jours d’école. Et là où il n’y a pas grand monde, c’est soit 1/totalement hors de prix ( pour les multi-milliardaires comme l’Ile moustique, donc on oublie ), soit 2/hors saison souvent il faut le savoir, ou 3/c’est que ça ne coûte pas une blinde, vu que c’est souvent complètement paumé mais c’est ça qui est bien justement.


* Mais que fait-on si on n’a pas l’occasion de partir au bout du monde ?

On essaie de se recréer un cocon de tranquillité chez soi. Pas une chambre capitonnée bien sûr, mais au moins un espace qui respire (ça veut dire sans bazar), et calfeutré, bref, un nid à taille humaine. La prochaine fois je vous parle comment j’ai arrangé le mien.


La tranquillité, c’est ma définition du luxe aujourd’hui, c’est une valeur refuge de plus en plus difficile à trouver. Vous avez sûrement une ou plusieurs cachettes ? J’aimerai vraiment les connaître ! Si ce n’est pas encore le cas j’espère que cet article vous en aura motivé à en trouver. Ne sous estimez pas à quel point cela peut être efficace.

Pour finir et résumer cet article bien bien long; le silence est un bien-être mais aussi peut être vu comme un outil nous aidant à recentrer notre faculté de penser, à mieux se confronter à notre intériorité, laisser remonter des sentiments propres et s’écouter soi-même. Incontournable pour penser clairement, faire ses propres choix, rester concentré sur les décisions prises jusqu’au bout. Et puis de repenser son attitude, ce qui influencera énormément sur les rapports sociaux, famille, amis; collègues… Et ça ne fait jamais de mal !

Alors, pour voyager heureux, voyageons cachés ?

Mrs LittleRocks

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