(F)utiles ?

 Depuis la naissance de mon fils il y a trois ans, j’ai commencé à revoir pas mal de mes habitudes de vie, notamment mon rapport à la consommation, une attitude complètement liée aux changements que cela implique de devenir maman. Depuis j’apprends tous les jours à acheter moins mais mieux. Ça n’a rien d’inné et c’est même drôlement compliqué d’y voir clair dans cette profusion de choix que nous avons autour de nous…!

J’ai fait beaucoup d’efforts pour ranger impeccablement ma maison récemment, et j’ai (presque) réglé mon soucis du shopping féminin, même si parfois il y a de petits écarts – je ne suis pas non une radicalisée de la non-consommation :), mais je pense que c’est la sur-conso qui nous rend dingo et qui nous fait parfois perdre notre bon sens.

Cependant dernièrement, j’ai tout de même réalisé que mon souci du shopping (qui est celui de beaucoup de monde en même temps, je ne sais pas vous mais moi je ne connais personne qui me dit «  »je n’ai pas problème d’achat »), s’était déplacé pour se retrouver dans notre frigo. Je veux dire par là, les mêmes symptômes d’accumulation d’achats, achats spontanés et pas forcément judicieux ont été transférés de la penderie au placard à épicerie (manque de basiques, mais dix mille épices pour un éventuel curry qui n’aura pas lieu).  Après un recensement magistral, je comptabilisai plus de 8 farines différentes (eh eh qui dit mieux ??), de produits divers oubliés au fin fond des étagères, des dates de péremption qui remontent à la préhistoire… Comme si je me préparais à un retour de famine soudaine. On les consomme vous me direz, oui mais cuisiner avec moins d’ingrédients c’est mieux aussi, ça simplifie la vie.

Alors on va parler ici de réduction de ses achats, de contrôle de soi-même et de garder uniquement l’essentiel sans frustration. Voilà donc comment je m’y prends. D’abord, j’ai commencé à me poser les questions suivantes :

 

Acheter pour soi ou pour les autres ?

Nous dépensons notre argent pour des choses dont on n’a pas besoin pour impressionner certaines personnes que nous ne connaissons pas, ou que nous considérons peu. Charmant cycle :). C’est le cas de beaucoup d’entre nous, à un moment donné du moins. Il serait temps de se poser et d’y réfléchir deux minutes, n’est ce pas ?

  • Pour qui achetez vous ? Cela ne concernera pas tout le monde bien sûr mais c’est arrivé à tous, dont moi même, d’être influencés par une autre personne pour acheter. On arrive à se persuader qu’on en a besoin, parce que l’autre l’a. Typiquement le genre d’achat qui finit par moisir dans nos placards si on ne se pose pas les bonnes questions; Est ce que cela ME sera vraiment utile ? En quoi cet achat est fait pour MOI ? Au passage j’en profite pour demander EN QUOI ça leur a plu et s’ils en sont toujours satisfaits. Je me fais un avis sur la question, et si ça s’avère finalement bien aussi pour moi c’est tout bon alors je prends 🙂
  • Savez vous qui vous êtes pour acheter cela ? C’est ce que je pense quand je vois certains adolescents emballés par une marque de la tête aux pieds comme un oeuf de Pâques, et qui ont un féroce appétit pour la mode. Il suffit que j’emprunte une grande artère du shopping pour voir des groupes de touristes asiatiques portant ces très grosses baskets siglées, leur taillant au passage des jambes de poulet. Même si, ne soyons pas dupes, la façon dont on s’habille a son importance, le message « look at me who I am » noie facilement une personnalité. On cherche à se démarquer, vraiment ? Je trouve que ça sonne faux. J’ai complètement délaissé les « tendances » pour de l’intemporel et de la qualité, et je prends plus mon temps pour choisir ce qui me va vraiment. On sait bien que quelque part l’habit fait le moine, je ne vais pas le renier, mais je pense qu’il faut choisir avec sincérité et justesse ses vêtements si on veut qu’ils renvoient une image cohérente avec la personne que l’on est, tout simplement.

 

Est ce un bon achat ?

  • Est ce un achat rentable, à long terme ? (qualité, durabilité). C’est la question que je me pose le plus souvent. Ça ne m’amuse pas de passer trop de temps à acheter, donc j’essaie de renouveler une référence qui fonctionne déjà, et je reste fidèle aux marques qui ne m’auront pas déçues (voir critères d’achat ci-dessous).
  • Qu’est ce que j’ai pour ce prix là ?( se poser la question du rapport qualité-prix)
  • Quel est prix du marché pour cet objet/service ? Certains affichent des prix bien supérieurs à d’autres, pour les mêmes prestations. Comparez avant.
  • Est ce que je n’ai pas une vraie priorité où mettre mon argent ? (Plutôt que de prendre un café quotidien au Starbucks, économiser cette somme pour un voyage ou le top – pour mon mari – acheter des actions Starbucks…). Là c’est très personnel donc c’est à vous de définir vos impératifs. Vous apprendrez quels sont les miens via le blog.

 

Petit guide d’achat 

  • Prévoir un minimum ses achats. Eviter l’urgence, l’achat impulsif est rarement raisonné; on passe à côté de ce dont on a vraiment besoin ! Combien de fois je suis revenue d’une virée shopping improvisée avec une robe de soirée ou des escarpins alors que je devais rapporter un pantalon noir pour le travail – moins glamour, mais que je vais porter tout l’hiver ?? Bref acheter sans perdre de vue la finalité, sa liste à la main :), est le meilleur moyen de ne pas s’égarer.
  • Patienter: attendre un petit laps de temps quand on pense qu’il nous faut de suite ou ce sèche-cheveux pailleté magique à 500€. Faire le point le lendemain. Retrouver la raison (un sèche cheveux classique remplit le même job, ouhh il sèche les cheveux! -le reste c’est juste du confort, et beaucoup de marketing). Un tip que j’emploie souvent, et en général le lendemain je lâche l’affaire.
  • Comparez sur internet prix et commentaires de clients/utilisateurs peuvent être utiles. Eviter de prendre l’avis du vendeur comme unique référence, c’est comme demander à un coiffeur si on a besoin d’une coupe… Un peu de bon sens tout de même 🙂
  • Penser long terme: s’allouer un budget mensuel et annuel pour chaque poste important de votre vie: sorties, alimentation, hygiène, vêtements, activités… en détaillant vos besoins et habitudes (un peu scolaire mais efficace): qu’est ce qui VOUS importe réellement ?

D’ailleurs pour illustrer le dernier point, voilà ce que je fais pour appliquer ces principes: une liste (oui oui, comme quand je vais au supermarché !) à avoir tout le temps à portée de main ou dans son téléphone, qui regroupe les exigences staliniennes précises mais nécessaires. Voici par exemple quels sont mes critères concrets pour un jean noir:

  1. taille 36, longueur 30
  2. high waist
  3. fabriqué en Europe
  4. tissu épais, teinture bien fixée qui ne va pas baver sur les couleurs claires ou mes sacs.

Ça parait tout bête mais je peux déjà vous dire que les trois quarts des jeans que je vois ne passent pas le troisième point. Créer sa propre liste est absolument personnel où tous les critères mêmes les bizarres sont permis, après tout c’est la vôtre. L’efficacité va dépendre de sa personnalisation, de savoir ce qu’il nous faut à nous, ce qui nous caractérise, en plus de certaines métriques évidemment (taille, pointure, etc..).

 

  • Arrêter de penser qu’on fait des super affaires pendant les soldes… je n’y crois plus, ni aux bienfaits des articles à usage unique (et au passage, bonjour l’écologie!). Mais par exemple, si ces baskets Geox que j’aime beaucoup sont en soldes, allez hop je n’hésite pas à en reprendre une paire avec un peu d’avance (ce que j’ai fait vous pouvez constater), un modèle intemporel et confortable qui remplit tous mes critères de choix, à quoi bon s’en priver ?

 

  • D’une manière générale, adopter l’attitude de « l’écluse » dont parle Hideko Yamashita dans son livre du DanShaRi dont j’ai récemment parlé lors de notre grand tri; mettre en place un équilibre entre les objets entrants dans la maison et ceux dont il est préférable de se séparer, histoire de se rendre compte de sa propre consommation et de garder un intérieur respirable et ordonné. On peut aussi appliquer cette petite technique très efficace; un objet sorti pour un rentrant, ce qui marche parfaitement pour les vêtements, c’est ce que nous appliquons!

 


En bref, …

Apprendre à consommer MOINS et MIEUX ça s’apprend. Je pense que c’est aussi la résultante d’un changement d’attitude globale. C’est sans doute notre comportement de consommateur qu’on revoit, afin de devenir plus pertinent et plus responsable mais ce n’est pas quelque chose qu’on fait du jour au lendemain. Ça s’inscrit dans une démarche à long terme et il faut savoir être indulgent avec soi même.

Bien acheter peut paraître fastidieux quand il s’agit d’établir une liste de critères, mais cela vous aidera à vous « redéfinir » ou vous correspondra bien mieux. Une fois cela mis en place, ce sera ultra pratique et rapide. Attention je ne dis pas qu’il faut toujours tout contrôler et ne JAMAIS se faire plaisir, mais l’achat spontané doit rester occasionnel. Vous allez économiser en évitant les dépenses futiles. Vous allez acquérir uniquement les produits/services qui vous conviennent le mieux. Vous allez vous SIMPLIFIER la vie. De mon côté, j’y gagne en valeur, mes achats sont plus des investissements, et pas seulement matériel; par exemple je fais attention à consommer une bien meilleure alimentation maintenant (même j’en achète encore un peu trop de produits) et c’est pour moi un investissement primordial, la santé.

Acheter intentionnellement permet aussi de récupérer du temps ( d’errance shopping, de temps de cerveau monopolisé sur « que me faut-il ? Cet achat est-il raisonnable, peut être que oui, peut être que non …) à mettre à profit pour nos activités et nos passions! Mais aussi, réduire ses coûts ce qui peut participer à la démarche de l’indépendance financière..

 

Et vous, comment achetez vous ? Quels acheteurs êtes vous ?

Sentez vous libres de réagir à cet article en laissant ci-dessous vos commentaires, ils nous intéressent !

Mrs LittleRocks

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